Impression 3D : quels usages en santé ?

L’impression 3D est considérée par de nombreux observateurs comme une véritable révolution industrielle. De nombreux secteurs sont impactés et notamment le domaine de la santé. Panorama des usages en santé.

Aujourd’hui, l’impression 3D touche de nombreux secteurs et industries apportant des avantages multiples en termes de productivité, coûts, personnalisation et délais de fabrication. On parle de fabrication additive. Le monde de la santé est également impacté par cette technologie qui offre de nouvelles perspectives au niveau de la chirurgie ou de la production de médicaments. Voici un tour d’horizon des principaux usages observés.

Crédit photo ©Adobe Stock

Une révolution pour les prothèses et implants

Une des premières applications de l’impression 3D en santé porte sur la fabrication de prothèses ou d’implants. L’objectif est d’apporter une réponse à un handicap ou de remplacer une partie fonctionnelle du corps avec une solution acceptée par l’organisme. L’impression 3D permet de développer des prothèses ou implants à des coûts réduits, plus rapidement et adaptés à chaque patient pour une meilleure acceptation par le corps.

L’impression 3D est aujourd’hui entré dans la pratique chirurgicale avec de nombreuses interventions : prothèses de main, de bras, de jambe, de pied ou implants crânien, de côte, de mâchoire, osselets…

A titre d’exemple, on peut évoquer le cas d’une patiente australienne dotée d’un implant mandibulaire imprimé en 3D qui lui a permis de reconstruire son visage.

Parmi les principaux utilisateurs de l’impression en 3D, on peut citer le monde de la dentisterie qui s’est rapidement emparé de cette technologie. Cette technologie permet de créer facilement des prothèses, couronnes, gouttières ou dentiers, adaptés à chaque patient. Les laboratoires de prothèses dentaires sont les utilisateurs les plus fréquents.

Crédit photo ©3dnative.com

Une technologie d’avenir pour la pharma

Les principaux usages de l’impression 3D dans l’industrie pharmaceutique se situent aujourd’hui au niveau de la R&D et de la production. Après avoir mené des expérimentations au niveau de la production de blisters ou autres matériels de conditionnement, de nombreux laboratoires expérimentent la production de médicament par impression 3D.

L’un des principaux avantages de ce mode de production est la flexibilité : « Avec cette méthode de production, nous pouvons adapter la dose d’un médicament, à la demande. Et pour ce faire, nous n’avons pas besoin de changer l’équipement ni les matières premières, comme nous sommes contraints de le faire avec les méthodes conventionnelles. L’impression 3D est bien plus flexible » indique Jean Alié, Responsable du service de caractérisation de l’état solide et impression 3D, sur le site R&D de Sanofi à Montpellier.1

La plupart des expérimentations menées portent aujourd’hui au niveau des essais cliniques avant de passer à la production à grande échelle. Cette nouvelle approche constitue une véritable transformation pour l’industrie pharmaceutique dans un contexte de mutation digitale.
« Notre partenariat avec AMCM/EOS va révolutionner la production de comprimés. Il marquera une transition majeure vers la digitalisation du secteur. Notre objectif est de développer l’application industrielle de cette technologie, d’abord pour réaliser des essais cliniques, puis pour l’intégrer dans des solutions digitales complètes à l’échelle commerciale. » souligne Isabel de Paoli, directrice de la stratégie chez Merck.2

Le premier médicament connecté, approuvé par la FDA en 2015, a été élaboré par Aprecia Pharmaceuticals Co, un groupe pharmaceutique basé dans le New Jersey, dans le traitement des crises d’épilepsie (SPRITAM® lévétiracétam). L’impression 3D a permis de délivrer des doses plus élevées de traitement et d’avoir une approche plus personnalisée du patient avec des dosages adaptés au profil.3

Un des avantages de l’impression 3D est également de se tourner vers des traitements personnalisés, adaptés au profil médical de chaque patient. Dans le cadre des maladies rares, l’impression 3D permet de fabriquer des médicaments pour des profils très personnalisés avec des dosages adaptés à chaque traitement et à chaque patient.
Il y a quelques semaine, l’Institut Gustave Roussy a annoncé un partenariat avec FabRx pour développer l’impression 3D de comprimés composés de plusieurs médicaments au dosage individualisé. « Grâce à la possibilité de combiner plusieurs médicaments dans un seul comprimé à des doses personnalisées, l’impression 3D de médicaments s’avère être une technique précise, reproductible et économique pour contourner ces difficultés. Elle permet de personnaliser les médicaments, y compris au niveau des arômes, des couleurs et des formes. » indique l’Institut.4

Des usages face à la crise sanitaire

Au cours de la crise sanitaire on a observé différents usages de l’impression 3D au service des soignants et des établissements hospitaliers. Face à la pénurie de masques et matériel médical, l’impression 3D a permis de produire à grande échelle du matériel respiratoire, des blouses de protection ou visières.
A titre d’exemple, on peut citer Covid 3D, une plateforme d’impression haut-débit au sein de l’AP-HP pour répondre aux besoins sanitaires urgents des soignants. L’objectif est de fédérer l’ensemble des initiatives de conception et d’impression 3D pour lutter contre le COVID-19 en Île-de-France. Les soignants peuvent poster leurs besoins d’équipements en ligne. Les projets en cours sont également recensés.

Crédit photo ©AP-HP

On observe d’autres usages autour de la reconstruction mammaire ou de la préparation d’intervention chirurgical. Mais la plus grande évolution est sans conteste l’impression d’organes à travers la technologie du bioprinting. A découvrir prochainement !

Rémy Teston

Expert e-santé

Buzz E-santé

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