Nouvelles technologies et Lutte contre le Coronavirus : une alliance gagnante

Nouvelles technologies et Lutte contre le Coronavirus : une alliance gagnante

Alors que la France a officiellement entamé son processus de déconfinement, depuis le 11 mai dernier, le coronavirus sévit toujours et continue sa progression.

  Face à cette menace, les autorités françaises et mondiales se sont mises en ordre de marche pour protéger leurs populations en un temps record.

Outre les équipements de protection et le renfort de personnels soignants, les nouvelles technologies ont fait leur grande entrée dans la bataille.

A chaque étape du parcours de soin, les nouvelles technologies ont su se rendre incontournables. Du suivi de l’épidémie au sein de la population jusqu’au traitement en unité de soins intensifs, en passant par les étapes de dépistage ; les innovations technologiques ont su apporter une réponse aux obstacles qui jalonnent le parcours du malade atteint de coronavirus.

Quand santé et technologie s’allient, c’est l’aube d’une nouvelle aire que nous voyons se profiler. Découvrons quelles ont été les innovations technologiques qui ont explosé ces dernières semaines.

 

Gestion et suivi de l’épidémie

 

Les applications de traçage

 S’il est un pays qui semble servir d’exemple en matière de gestion de l’épidémie, il s’agit de Taïwan, avec ses 430 cas confirmés et 6 morts recensés au 7 mai 2020. La méthode adoptée s’appuie en grande partie sur une application mobile de suivi qui permet de tracer les personnes malades, de suivre leurs déplacements et s’assurer de leur respect de la quarantaine. Cette application permet également de diffuser des messages de prévention.

Les informations utilisateurs, une fois récupérées par les services concernés, sont triées et analysées pour suivre en temps réel l’évolution de l’épidémie. Elle permet également de retracer le parcours du malade et d’identifier les cas contacts potentiellement porteurs du virus qui seront dépistés de manière systématique. Toutes ces utilisations sont permises grâce à l’intervention du Big Data.

Cette connaissance précise de l’état de santé des populations au niveau local et général permet de d’orienter des stratégies de lutte de manière ciblée. 1

En Corée du Sud, chaque citoyen est invité à partager ses données de santé via une application. A partir de la collecte de ces données, des cartes interactives sont construites et mises à disposition de la population sur le site coronamap.com offrant une vision instantanée de l’évolution de l’épidémie grâce cette fois encore à la technologie du traçage et du Big Data.  

 

 

Les réseaux sociaux

 Les réseaux sociaux ont également un rôle à jouer dans la lutte contre l’épidémie. Ainsi, L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a lancé, en association avec WhatsApp, un chatbot. Cet outil conversationnel est capable de discuter, en plusieurs langues, avec l’utilisateur. Il comprend les questions posées et construit des réponses adaptées pour diffuser les informations relatives au coronavirus et lutter contre la propagation des fake news. 1

Dans cet exemple, l’intelligence artificielle et la génération de langage naturel sont la clé de cette réussite.

Les autres acteurs du secteur, Facebook, TikTok et Twitter, entre autres, ont lancé un hackathon mondial en ligne dont le thème était : la mise au point de solutions numériques pour faire face aux défis du Covid-19. 1

A noter l’initiative EPILOGUE mise en place par la société KAP Code et ses partenaires, qui vise à mieux reporter et décoder les réseaux sociaux sur le COVID.

 

 

Logiciel de suivi des épidémies 2

En Chine, lorsque que le virus n’était que très localisé dans la province du Wuhan, des modèles épidémiologiques dotés d’intelligence artificielle ont été dans les premiers à relever l’existence de cette épidémie et à alerter sur les risques d’une pandémie mondiale.

Les premiers signes de l’épidémie ont été identifiés par l’intermédiaire des médias locaux (WeChat et Weibo) en étudiant leur utilisation par les populations. En fonction des recherches effectuées et du vocabulaire utilisé au cours de discussions, alors l’algorithme peut estimer l’ampleur de l’épidémie. 

 

Dépistage

 

L’explosion de la téléconsultation

En France, depuis le début du confinement, le nombre de consultations à distance par téléconsultation a explosé.

Selon les chiffres partagés par l’assurance maladie, 80 000 consultations de ce type sont dénombrées chaque semaine en France depuis le 17 mars (date de début du confinement) contre 40 000 pour tout le mois de février 2020.3 Les téléconsultations constituent désormais plus de 11 % de l’ensemble des consultations, contre moins de 1 % avant la crise liée au coronavirus.

La conséquence directe de cette augmentation du nombre de téléconsultation est le nombre de praticiens qui y ont recourt, qu’ils s’agissent de médecins libéraux ou hospitaliers. Un médecin sur trois a ainsi fait appel à cette technologie au cours de la dernière semaine d’avril.4

Un site internet se place comme leader sur le marché français, il s’agit de Doctolib, dont les chiffres annoncés le placent très loin devant le reste de la concurrence.

 

 

PCR ultra rapide au secours de la nation5

Dans le domaine du dépistage du Covid-19, une seconde initiative est à noter. Il s’agit de l’appel à projet lancé par le Ministère des Armées. La volonté étant de développer dans les plus brefs délais une technologie qui permette une détection rapide du virus chez les personnes testées.

Parmi les 1 050 propositions reçues, celle de la PME BforCure a su se démarquer. Son projet « Nomorecov » consiste à développer un automate mobile, modulaire et connecté pour le dépistage rapide (moins de 30 minutes) d’une infection au coronavirus. Les premiers tests sont attendus dans 6 mois.

Par cette technologie, « Nomorecov » se fixe comme objectif de réaliser un dépistage fiable et rapide, sans recourir à l’utilisation d’un laboratoire centralisé, ce qui est actuellement la procédure habituelle. Un intérêt supplémentaire est à noter, il pourra également détecter la présence du virus en suspension dans l’air ou sur des surfaces. Ces deux dernières applications étant particulièrement attendues par les hygiénistes

BforCure a développé la technologie de diagnostic Fastgene™ permettant de réaliser des réactions de PCRultrarapides et ainsi de détecter très rapidement la présence de virus. Avec ces entreprises comme BforCure, la France a su valoriser ses compétences nationales pour développer des technologies de pointe au service des populations.

 

 

La détection par imagerie médicale 2

La start-up canadienne Darwin AI a mis au point un réseau neuronal promettant de détecter les signes d’infection par le Covid-19 sur les rayons X issus de radiographie.

Actuellement, le dépistage du COVID-19 s’effectue très majoritairement par prélèvement sur les individus suspectés porteurs, mais l’analyse des radiographies pulmonaires pourrait offrir une alternative aux hôpitaux en manque de personnel ou de kits de dépistage pour évaluer tous les patients rapidement.

L’entreprise développe également un réseau neuronal pour les classer les patients porteurs du Covid-19, afin de les séparer en deux groupes, ceux pour qui il est préférable de rester au domicile en attendant un rétablissement, et ceux qui nécessitent une hospitalisation.

Si les nouvelles technologies ont toute leur place pour simplifier la détection du virus, elles s’invitent également dans la prise en charge des patients diagnostiqués positifs au coronavirus.

 

Prise en charge

 

L’arrivée inattendue des imprimantes 3D

L’une des innovations phares qui émerge de cette période de crise sanitaire est l’utilisation à des fins médicales des imprimantes 3D. L’hôpital Cochin à Paris s’est équipé de soixante imprimantes 3D industrielles, installées dans une des pièces de l’hôpital. Cette petite usine de production s’est montée pour répondre en temps réel aux besoins des équipes médicales en fabriquant une vingtaine de pièces différentes. Masques de ventilation non invasif, raccords de respirateurs, visières ou lunettes de protection sont désormais fabriqués sur place. L’objectif est d’arriver à la fabrication de 1 000 à 3 000 pièces par jour. 6

Médecins, infirmières et aides-soignants peuvent imaginer des dispositifs médicaux au lit du patient, et une équipe d’ingénieurs de Bones 3D se charge du développement et de la production. Une validation par un service clinique et un service pharmacologique s’assure de la qualité de la production. Des procédures de développement simplifiées, un temps de production accéléré et une première utilisation quasi instantanée, les nouvelles technologies volent au secours du personnel médical ! 7

 

Le support de l’intelligence artificielle dans la recherche de traitements 2

Depuis quelques années, l’intelligence artificielle est couramment utilisée par les laboratoires pharmaceutiques pour le développement de nouvelles molécules. Ce procédé, appelé « Screening des molécules » teste à la chaine un très grand nombre de structures chimiques virtuellement. Si les molécules testées interagissent avec le récepteur, alors les essais peuvent se poursuivent. Cette technique permet de découvrir de manière accélérée de nouvelles molécules potentiellement efficace.

Si ce procédé était utilisé majoritairement dans les maladies chroniques, la tendance s’est fortement inversée depuis quelques mois, tous les efforts étant portés sur la découverte d’un traitement contre le coronavirus, pour trouver rapidement un nouveau traitement.

En parallèle, ce même procédé de screening, a permis de tester des molécules déjà mises sur le marché pour d’autres pathologie et d’estimer l’effet qu’elles pourraient avoir sur le COVID-19. Le système a suggéré un certain nombre de composés qui pourraient potentiellement avoir un effet positif.

Ces dernières semaines, on a vu la formidable émergence d’initiatives personnelles et gouvernementales, un réel fourmillement d’idées technologiques, toutes au service de la lutte contre le virus. La question qui reste en suspens, est de savoir si ces nouvelles habitudes que nous avons adoptées en un laps de temps condensé, vont réussir à trouver une place de manière durable dans notre quotidien une fois la situation revenue à la « normale ».

 

Mathilde PASKO,

Consultante TechToMed

mathilde.pasko@techtomed.com

 

 

Références :

  1. Les technologies au service de la lutte contre le coronavirus. La Croix. https://www.la-croix.com/Sciences-et-ethique/Numerique/technologies-service-lutte-contre-coronavirus-2020-03-31-1201087005. Published March 31, 2020. Accessed April 30, 2020.
  2. Coronavirus : explosion de la téléconsultation en mars. Les Echos. Published March 31, 2020. Accessed May 7, 2020. https://www.lesechos.fr/economie-france/social/coronavirus-explosion-de-la-teleconsultation-en-mars-1190676
  3. Coronavirus : explosion des téléconsultations en France, Doctolib grand gagnant. La Tribune. Accessed May 7, 2020. https://www.latribune.fr/technos-medias/internet/coronavirus-explosion-des-teleconsultations-en-france-doctolib-grand-gagnant-844660.html
  4. Covid-19 : le ministère des Armées soutient une nouvelle technologie de détection rapide du virus. Accessed April 30, 2020. https://www.defense.gouv.fr/actualites/articles/covid-19-le-ministere-des-armees-soutient-une-nouvelle-technologie-de-detection-rapide-du-virus
  5. Industrie-techno. [Covid-19] A l’hôpital Cochin, 60 imprimantes 3D produisent des pièces pour dispositifs médicaux et consommables. Published online April 9, 2020. Accessed April 30, 2020. /article/covid-19-a-l-hopital-cochin-60-imprimantes-3d-produisent-des-pieces-pour-dispositifs-medicaux-et-consommables.60096
  6. [SOCIAL TECH] Coronavirus : des imprimantes 3D à l’hôpital Cochin | via @Carenews. Accessed May 7, 2020. https://www.carenews.com/fr/news/social-tech-coronavirus-des-imprimantes-3d-a-l-hopital-cochin